Grandes cultures
Auxiliaires de culture

Fiche

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Agriculture de conservation des sols et réduction de l’utilisation des produits phytos en Normandie

Initiative d’agriculteur et/ou d’apiculteur
Initiative d’agriculteur et/ou d’apiculteur

Effets positifs sur :

  • Ressource alimentaire des pollinisateurs
  • Diminution de l’exposition des pollinisateurs aux produits phytopharmaceutiques
  • Sites de nidification et de reproduction des pollinisateurs sauvages
  • Augmentation de la connectivité et de l'hétérogénéité du paysage
  • Assurer un service de pollinisation stable et suffisant
Effets positifs attendus
Effets positifs indirects

Fiche d'identité

Structure porteuse :

Agriculteur

Périmètre de mise en œuvre :
  • Périmètre : Local

  • Régions : Normandie

    Départements : Calvados

  • Echelle :locale

  • Echelle paysagère cible : L'exploitation

  • Superficie :480 ha

  • Nombre d’agriculteurs/apiculteurs impliqués : 1 agriculteur et 2 apiculteurs

Début :

2017 - en cours

Objectifs

  • Problématique de désherbage (raygrass)
  • Garder une rentabilité économique
  • Logique préservation du sol et des auxiliaires dont les pollinisateurs

Présentation de l’exploitation

Superficie :  480 ha
Filières : Grandes cultures
Cultures : Blé d’hiver, orge d’hiver et de printemps, pois, protéagineux hiver et printemps, colza, maïs, lin d’hiver et textile, luzerne, sarrasin cette année
Elevage : pas d’élevage sur l’exploitation mais échange de la paille et/ou luzerne contre du fumier avec des éleveurs du territoire
Ruches : 15 ruches présentes toute l’année et réparties sur deux endroits de l’exploitation (appartiennent à un apiculteur amateur) + 20 ruches déposées au moment de la floraison du colza (appartiennent à un professionnel)

Pratiques agricoles de l’exploitation en faveur des pollinisateurs

  • Rotations culturales: Mise en place de rotations longues.
    • Exemple de rotation : colza-blé-orge d’hiver-lin textile-blé-pois d’hiver-orge de printemps …
  • Travail du sol: en agriculture de conservation des sols (ACS)
  • Utilisation des produits phytopharmaceutiques: exploitation en agriculture conventionnelle. Mise en place d’alternatives phytos :
    • Aucun insecticide : sur blé et pois
    • Pratiques agronomiques spécifiques :
      • Semi direct sous couvert et couverture permanente des sols
      • Faux-semis et recul des dates de semis
      • Allongement des rotations
      • Mise en place de cultures de printemps pour couper le cycle des adventices…
      • Colza systématiquement en cultures associées : féverole, trèfle blanc ou lotier (pour les insecticides)
    • Variétés résistantes: variétés précoces semées pour le colza (lutte contre le méligèthe), variété d’orge d’hiver tolérante à la JNO (jaunisse nanisante de l’orge), variétés de blé résistantes à la septoriose…
    • Biocontrôle : application de souffre dans les blés (lutte contre l’oïdium et la septoriose)
    • OAD : OptiProtect (permet de prévenir les stades et les risques de maladies sur blé tendre), les modèles « Protection des céréales » d’ARVALIS (protection fongicide des céréales d’hiver), Farmstar (pour les apports azotés)
    • Agroéquipements spécifiques

PRODUCTION VEGETALE INTERRESSANTE POUR LES POLLINISATEURS

  • Cultures attractives pour les pollinisateurs
    • Colza : environ 80-90 ha (minimum 5 ans entre deux colzas sur une même parcelle). Un seul traitement insecticide en hiver pour lutter contre les larves d’altise. Semi précoce (15-20 aout) pour une meilleure résistance aux attaques d’altises.
    • Sarrasin : nouvelle culture testée cette année qui permettrait d’allonger les rotations. Est intéressante pour limiter le développement des adventices. Aucun produit phytosanitaire. Floraison en septembre, soit en fin de saison pour aussi permettre une ressource alimentaire supplémentaire pour les pollinisateurs.
  • Intercultures: courtes et longues sauf après le colza (utilise les repousses comme couvert). L’objectif principal est la couverture du sol et l’apport azoté. Destruction de ces intercultures par roulage ou destruction chimique en hiver à l’exception des parcelles implantée avec de la phacélie (en monoculture) qui fleurissent.
  • Jachères: Environ 8 ha.  Laisse la flore spontanée se développer sauf les parcelles à côté des ruches qui sont semées avec de la phacélie pour apporter une ressource supplémentaire aux abeilles domestiques. Des semis de jachères fleuries ont été tentés sans résultat concluant (n’en sème plus).

INFRASTRUCTURES AGROECOLOGIQUES

  • Haies: plusieurs haies morcelées sur 2.3km. Ce sont des vieilles haies composées d’essences diversifiées. Elles sont entretenues une fois par an après le 15 août.
  • Surfaces boisées : des parcelles en bordures de bois (3.9km de bordure). Elles sont taillées une fois par an après le 15 août.
  • Entretien des bords de champs : fauche environ une fois par an. Flore spontanée.
  • Surface en eau :
    • Cours d’eau sur 400 m qui borde plusieurs parcelles
    • Une mare de 3 ha (avec bandes enherbées tout autour avec une flore spontanée)
  • Ruches : les apiculteurs qui déposent des ruches sur l’exploitation rencontrent principalement des problèmes de frelons asiatiques et varroa. Pas de problème lié à l’utilisation de produits phytopharmaceutiques.

Expertise et accompagnement

  • Un conseiller privé et indépendant pour l’agriculture de conservation des sols
  • BSV, infos des chambres d’agriculture …

Diffusion et communication

  • Fermes ouvertes : visites de groupes d’agriculteurs (ex : dernièrement des tchèques) et d’instances politiques (Agence de l’eau…)
  • Agriculteur interviewé régulièrement par la presse sur ses pratiques

Perspectives

  • Teste actuellement la culture de sarrasin : si les résultats de rendement sont concluants, l’objectif est de l’intégrer dans les rotations.

Force

Une exploitation réfléchie dans sa globalité afin d’être favorable aux auxiliaires des cultures dont font partie les pollinisateurs. Les pratiques agricoles mises en place, notamment afin de réduire l’utilisation et l’impact des produits phytopharmaceutiques, permettent de baisser l’exposition des pollinisateurs à ces produits et de favoriser les régulations naturelles, notamment la lutte biologique. L’engagement de l’agriculteur en agriculture de conservation des sols permet de préserver des sites de nidification pour les insectes terricoles tout en favorisant la vie et les fonctions naturelles des sols.
L’exploitation apporte aussi à la fois le gîte (haies, ACS) et le couvert (jachères, cultures attractives…) aux pollinisateurs domestiques et sauvages.

Conseil / Point de vigilance

Les pollinisateurs ont besoin d’espèces nectarifères et pollinifères pour se nourrir tout au long de la saison. Afin de garantir des ressources alimentaires suffisantes et réparties sur l’année pour tous les pollinisateurs, il ne faut pas hésiter à améliorer la quantité et la diversité des ressources disponibles en valorisant mieux la flore spontanée et en développant les aménagements favorables à ces espèces. Par ailleurs, lorsque l’implantation d’un grand nombre de ruches est envisagée, il est important de s’assurer que la ressource disponible permettra leur alimentation sans compromettre l’accès à la ressource pour les pollinisateurs sauvages.
Parmi les produits phytopharmaceutiques utilisés dans les exploitations agricoles, certains sont néfastes pour les insectes pollinisateurs, surtout lorsqu’ils butinent les parcelles agricoles. Une vigilance est nécessaire quant aux molécules utilisées et aux pratiques de traitement (par exemple, sur les cultures attractives en période de floraison, effectuer ses traitements dans une plage horaire débutant 2h avant le coucher du soleil et se terminant 3h après) pour limiter l’impact de l’intervention sur les populations de pollinisateurs. Il en est de même pour les antiparasitaires et les autres médicaments vétérinaires. Ne pas hésiter à se renseigner sur la toxicité des molécules utilisées.
D’après le porteur, les freins à éliminer pour démultiplier ces pratiques agricoles sont :

  • Concernant le développement de l’ACS : l’achat de matériel spécifique est bloquant. Les pratiques d’ACS doivent être adaptées à chaque exploitation. Pas de vérité ou de modèle qui fonctionne partout, c’est en testant qu’on se fait la main.
  • Frein psychologique : accepter que la ferme soit « salle » par rapport à des fermes avec pratiques conventionnelles. D’autres problématiques, notamment ravageurs (mulots, limaces…), apparaissent avec l’ACS.

Données économiques

Outils d’appui financier : que les aides de la PAC

Autres données économiques :
Le semis direct a permis de faire beaucoup d’économie (40% de gazole + un salarié en moins, coût en machinisme réduit).
Bienfait induit de ce système en ACS : moins de temps passé dans le tracteur ce qui permet d’augmenter le temps d’observation de ses parcelles. Il a trouvé un intérêt supplémentaire à son métier : dans une recherche continue d’amélioration, retrouve de l’intérêt pour l’agronomie, dans une logique de préservation des sols et des auxiliaires (dont les pollinisateurs) sur l’exploitation qui induit une réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques.

Contact

GeoffroyDe Lesquen

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